Dynamiques Territoriales : des expériences riches de sens

Gilbert Corouge • 2 décembre 2019
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Les habitants ont des idées, accompagnons-les pour qu’ils en fassent des projets !

À l’occasion des rencontres Voix d’Avenir, plusieurs personnes - Laurent et Séléna de l’association « Second départ », Pauline et Frédéric de « la Compagnie Noutique », François du Centre Social de Mazingarbe, etc. - sont venues témoigner de leur expérience du programme Dynamiques Territoriales, en présence d’accompagnateurs (de la Fondation de France Grand-Ouest, de la Fondation de France Grand-Est et de la Fondation de France Nord), et de « visiteurs » venus apporter leur propre regard.

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Le matin, lors du premier atelier, près de trente personnes ont entendu le retour d'expérience des habitants de la commune de Mazingarbe, près de Lens, engagés sur un parcours dont ils sont les acteurs, à travers un « repair café » conçu comme lieu de rencontre. Les échanges ont traduit la curiosité des participants, tant à propos du projet lui-même que de la nature et de l’importance de l’accompagnement.

L’après-midi, nos porteurs d’idées et de projets se sont livrés au jeu de l’accompagnement avec deux ateliers. D’abord, « Seconde Chance » et « la Compagnie Noutique » ont pu partager leurs idées respectives à l’équipe d’accompagnement de « Mine d’idées » (Pas de Calais). Les premiers ont exprimé leur souhait que leur nouvelle « Maison Seconde Chance » devienne lieu d’écoute, de rencontre, d’animation, pour des personnes souffrant d’addiction, ou en ayant souffert, ou encore pour leur famille. Les seconds ont déjà conduit des personnes ayant connu ces mêmes difficultés dans la réalisation d’une exposition sonore et photographique, où elles expriment leur propre vécu, leurs souffrances, mais aussi les portes qui se sont ouvertes. Les questionnements ont été franchement posés : les difficultés, parfois, à se faire entendre, y compris par des acteurs institutionnels dans le domaine concerné, l’investissement que suppose l’intégration dans des réseaux pertinents.

Puis, Laurent et Séléna, de « Seconde Chance » ont réitéré leur récit et leurs attentes auprès des équipes, cette fois-ci, de « Pétillantes initiatives » (Saumurois) et de « Mécanique des idées » (Mulhouse). Leurs besoins ont été reformulés et des conseils leur ont été donnés, mettant en évidence de manière précise les priorités auxquelles il conviendrait qu’ils s’attachent.

Des visiteurs ont conforté les propos, ou ont font part de leurs propres expériences, de leurs interrogations. Quel lien avec les acteurs locaux telles que les collectivités ? Comment diversifier l’approche d’un projet, au-delà d’un seul thème ? Plusieurs nous ont font part, à l’issue de l’un de ces ateliers, de l’intérêt qu’ils ont vu à ce que nous soyons en situation d’accompagnement, malgré l’artifice imposé par l’exercice, plutôt que de simplement exposer ce que nous faisons.


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Le dernier atelier en fin de journée a réuni les porteurs d’idées et projets ayant participé à la journée ainsi que les équipes les ayant accompagnés, et quelques visiteurs intéressés par le sujet. Deux questions ont alors été adressés : Que retenir de cette journée ? Qu’est-ce qui vous a fait bouger ?

Pour la Compagnie Noutique, la journée aura été intéressante, car ayant permis d’avancer sur la question de la diffusion et de la valorisation de l’exposition. Pauline est ressorti confortée, avec le sentiment que le projet est juste, pas fou mais onnête. Les échanges ont permis d’interpeller d’autres personnes, d’être écoutés, de créer des nouveaux liens. Sur l’expérience déjà vécue d’accompagnement, l’accent aura été mis sur le climat de confiance, l’égalité dans l’accompagnement, le temps laissé à l’évolution, tout cela étant vécu comme facteur de liberté et d’égalité.

Pour « Second Départ », le stress était important en venant, le plein d’idées et d’ambitions faisant craindre le « trop-plein ». Séléna est ressorti rassurée, confortée par le besoin de rester sur le chemin, tout en percevant la nécessité de consolider, de garder « l’âme associative ». Laurent, lui, nous aura confié que lorsqu’il arrive à la Fondation de France, c’est comme s’il arrivait chez des gens qu’il a toujours connus. Il a encore appris beaucoup aujourd’hui « au niveau de l’association », en particulier lors du second atelier. Lui également est reparti convaincu qu’il faut consolider, et tenir le rôle que l’association s’est donné, sans être professionnel plus qu’il ne faut.

ns ces retours l’expression à plusieurs reprises d’une insécurité, voire d’un malaise ressenti par ceux qui portent des idées ou des projets. Peut-on voir là une des raisons d’être de l’accompagnement ? Pour Pauline, s’il n’y avait plus d’insécurité, il n’y aurait plus de projet. L’accompagnement est là pour « mettre sur les rails », sur la bonne piste. Frédéric affirme que le cadre d’évaluation, qui a fait l’objet d’un échange lors de l’instruction, aura été une forme d’accompagnement utile, permettant de clarifier notamment ce que le projet devait apporter aux bénéficiaires.

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D’autres questions ont été posées par des visiteurs, élargissant ainsi les échanges : 
- Pour l’association « RELIER » : « Comment à partir d’initiatives, dynamiser les territoires ? » 
- Pour la délégation du Pas de Calais du Secours Catholique : « Comment conforter dans ce que sont les personnes, les accompagner pour les sécuriser ? Comment fédérer ? Autour de quoi ? » ; « Comment déchiffrer leur propre histoire ? »
- Pour l’Association des Paralysés de F rance : « Cela prend du temps, nécessite de nombreuses remises en cause »
- Une personne d’une compagnie de théâtre, qui a déjà été accompagnée par le Secours Populaire, a insisté sur le fait qu’il faut parler d’accompagnement plus que de partenariat, pour rentrer sur le territoire, pour prendre confiance.
- Michel (prestataire « Mécanique des idées »), animateur de l’atelier, a reformulé les notions qui ressortent : bienveillance encourageante, compagnonnage, interpellation mutuelle, personnes ou collectifs acceptent d’entrer dans une démarche où on va faire un bout de chemin ensemble, oser la déconstruction…
- François (Centre Social de Mazingarbe) a exprimé la dimension de partage dans l’accompagnement « ça renforce, ça soutient, ça rend humble », « On chemine ensemble, on s’enrichit », « Avec d’autres acteurs ayant le logo FdF on est sur les mêmes valeurs ».
- Lucile (Atelier Coopératif, prestataire en charge de l’évaluation de Dynamiques Territoriales) a jugé important de mettre en valeur la question de la confiance, de donner un souffle de conscience sur le territoire.


En conclusion, je retiens l’expression des inquiétudes et des faiblesses comme motrices de l’accompagnement. Mais surtout, que l’envie de faire, d’agir et de donner la parole aux habitants de toutes horizons confirme une nouvelle fois la raison d’être de la démarche entreprise par la Fondation de France. Avec « Dynamiques Territoriales » on fait des pas de côté sans « se casser la figure ». On doit être convaincu, puisque ces préoccupations répondent à ce que l’on voit « dans l’air du temps », à tous les niveaux géographiques : la place du citoyen dans la cité, la parole donnée aux habitants, les envies d’agir.