Le Théâtre de l’opprimé d’Augusto Boal : un moyen de mobilisation et de participation citoyennes !

Anne Fenoy • 14 novembre 2019
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Pas besoin d’être comédien pour se jeter à l’eau : acteur comme non acteur peuvent participer au théâtre de l’opprimé pour se mobiliser, susciter du débat et créer des images clefs. Gwenaëlle Ferré, coordinatrice à l’Association Communautaire Santé Bien Être, fusionne ses connaissances de comédienne et son rôle au sein de l’Association. Elle propose ainsi un nouveau mode de mobilisation sur les questions de santé. 

Créé dans les années 60 au Brésil, dans un contexte de dictature et de désir de révolution, le théâtre de l’opprimé propose de questionner et d’inverser les rapports de pouvoir, de supprimer les injustices, de remédier aux maux de la société. Il peut servir à toutes problématiques collectives.

Un atelier d'initiation

Durant l’atelier proposé par l’Association Communautaire Santé Bien Être, Gwenaëlle Ferré propose une initiation rapide et efficace à ces pratiques. Que l’on soit comédien ou non, il s’agit de partir de son histoire individuelle pour créer une révolution collective. Si le temps de l’atelier ne permet pas de créer un véritable spectacle et d’adopter la temporalité du théâtre forum, les codes et règles de l’exercice ont été esquissés, mis en pratique et défendus. Les participants sont invités à créer des images fortes où un personnage est opprimé afin de pouvoir ensuite questionner et modifier cette situation.

Atouts et limites d'une libération effective de la parole

Le théâtre de l’opprimé libère la parole, fait participer le corps et l’esprit de chaque participant, focalise  l’attention de chacun. S’il n’est pas une panacée, il est une alternative. Il ne correspondra pas à tous les publics ni à toutes les circonstances. Aujourd’hui, pour l’Association Communautaire Santé Bien Être, le théâtre forum devient un nouvel outil pour poser les questions de santé au sein des populations de quartier populaire. Elle l’expérimente pour la première fois lors de cette journée Voix d’Avenir et nous donne l’occasion de connaître ce moyen de participation citoyenne. Une question émerge parmi les participants : est-ce qu’au final le théâtre de l’opprimé aboutit à quelque chose ? Sans intervenir directement sur les situations à changer, il est l’étincelle qui crée le débat, préalable à toutes réformes ou toutes révolutions possibles.